Construite autour de
deux courtes comédies (Le Procès et La
Question ), La Flotte de la Reine... jette un regard
caustique sur notre déraisonnable entêtement
à vouloir donner un sens à l'existence.
Extrait La Flotte de
la reine a été créée par le
Théâtre Harpagon en février 1993.
Le
procès (Farce
tragique) Quelque part sur une
petite planète perdue dans les multitudes de
l'univers, un homme est accusé de grossière
subversion. Les enjeux sont capitaux; des milliards
d'années de raffinement de la vie sont dans la
balance. Le juge qui préside au procès est
d'ailleurs tout à fait clair: il ne tolérera
aucun désordre! Car il faut se méfier du grain
de sable subversif capable de dérégler une
machine si bien huilée. À moins justement que
cette machine n'ait jamais été huilée,
qu'elle soit déréglée depuis l'origine
et qu'il n'y ait jamais eu qu'un semblant
d'ordre. Voici donc Le
Procès. On s'enfarge dans les mots, on se prend les
pieds dans la moindre virgule. D'ailleurs où diable
peut bien vouloir en venir ce témoin, cet
éminent spécialiste qui prétend
éclairer de ses lumières psychanalytiques
cette sombre affaire? Le procès... une lutte à
finir entre les forces de l'ordre et les sortilèges
que nous réserve le chaos. La
Question (Divertissement
mystique) Crac! Quelque part sur
la même petite planète, une manivelle a
tourné légèrement,
presqu'imperceptiblement, et les fragiles ligaments d'un
pauvre diable ont commencé à se rompre.
L'amour est grand... Un petit moi ne humble et besogneux
s'agite autour d'une machine compliquée, et adjure un
corps nu et déjà presque froid de se
rétracter. Le temps presse, le Grand Inquisiteur sera
bientôt là, la Mort est proche... mais l'amour
doit triompher. "Rétractez-vous pour l'amour de
Dieu!" Voici maintenant Le
Supplice. Un éloge grandiloquant à la
fraternité humaine et à sa
généreuse ingéniosité à
vouloir tant soulager. Une course folle contre la mort,
l'oublie, l'hérésie et l'angoisse de
l'absolument rien... pour toujours!
