Le partie pris de la comédie...

Le type de théâtre sur lequel je travaille emprunte des pistes multiples et souvent paradoxales. Le pari: marier des contraires. Guignol tragique, bouffonnerie sérieuse, poésie grotesque, etc.

Si les procédés dramatiques sont souvent empruntés à la tradition du théâtre comique (le burlesque, le grotesque et l'absurde), les thèmes quant à eux sont généralement tirés à même le répertoire inépuisable de l'angoisse existentielle, de tout ce qui rend la condition humaine à la fois tragique et dérisoire (l'absurdité de la vie, la mort, la solitude, la guerre, nos illusions quant à l'ordre et à la justice, etc.).

Choisir la comédie, choisir l'humour et le burlesque face à une vision aussi noire de l'existence, c'est, pour moi, refuser la désespérance et affirmer que le rire et la fête sont à la fois une réponse et un exutoire. Pour moi, le théâtre doit être cette fête. Célébrer la vie malgré tout...

Un théâtre où le verbe est funambule...

Dans mon théâtre le verbe est roi.

Le texte est construit un peu comme une partition, une sorte de jouet sonore, un "domino psychologique et musical".

Choix délibéré qui repose sur une conviction intuitive: l'homme est profondément névrosé et toujours en lutte avec sa vérité profonde. Même lorsqu'il essai de se dire, il n'arrive bien souvent qu'à se fuir pathétiquement lui-même.

La vérité de l'être se trouve occultée par les mots, par la masse de ceux-ci, engluée en quelque sorte dans une mécanique sonore aux multiples circonvolutions et où la foison verbale témoigne paradoxalement de son impuissance à s'exprimer réellement.

 
 
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